Victorine van Zanten, Präsidentin CEI, ist neu im Vorstand SIV. Luzia Bänziger hat sich mit ihr unterhalten, naturellement bilingue:
1.Die französische Schweiz dringt in die deutschsprachige Schweiz vor… sind die Kulturen wirklich so unterschiedlich wie der Volksmund zu glauben vorgibt?
S’il est vrai que les cultures nordiques et latines sont à mes yeux de suisse d’origine néerlandaise francophone profondément divergentes, je pense en revanche que ce qui est différent pour l'évaluation immobilière entre la Suisse allemande et la Suisse romande ne tient qu'à des habitudes. Nos habitudes d’experts, elles, entraînent à leur tour des références ou des benchmarks quasi personnels qui sont nécessaires pour que la pertinence des résultats d’une évaluation soit contrôlée de façon réflexe par l’expert.
Changer nos habitudes serait possible sans problème, mais on perdrait au passage une partie des acquis de son expérience en termes d’automatismes de compétences. Je pense que c’est cet aspect de perte, ou plutôt le devoir de reconstituer ses repères et ses réflexes, qui maintient les différences entre nos cultures lorsque l’on parle d'évaluation immobilière.
2. Als Präsidentin einer „männerlastigen” Disziplin verschaffen Sie sich Respekt mit Feingefühl und voraus schauender Taktik. Macht Ihnen Führen Spass?
Quand on est Présidente d’une association, on ne commande ou on ne dirige, suivant la traduction de votre question que l’on adopte, que très peu. Il s’agit d’un travail de groupe au comité, affiné et sanctionné par l’Assemblée générale. Il est vrai que l’on a le loisir dans ce contexte de réfléchir au développement futur et qu’on a la possibilité de proposer en même temps des stratégies concrètes, lorsque l’on veut participer activement à la vie de l’association. Ce qui me plaît le plus, c’est de réfléchir aux stratégies à suivre, d’analyser leurs effets, de risquer le bon timing et de peaufiner la communication.
Quand les membres de l’association sont motivés pour suivre les propositions et se dynamiser, c’est un réel plaisir de voir les progrès réalisés ensemble.
3. Freuen Sie sich an Erfolgen?
Il est plutôt tendance de dire que l’on grandit avec ses échecs, et les succès décrochés sont parfois un peu négligés. Un succès paraît toujours facile aux autres. Ce n’est pas toujours le cas, pour moi en tout cas. Mais oui, un vrai succès me réjouit et me motive un certain temps. J’essaie aussi de grandir avec un succès.
Le partenariat avec la SIV est par exemple un succès. Le concept de ce rapprochement me tient à cœur depuis plus de 8 ans. Je n’ai pas fini de m’en réjouir.
4. Wo sehen Sie CEI / SIV im 2018?
Je vais bientôt remettre la présidence du comité de la CEI. J’espère que ceux et celles qui me succèderont auront le cœur et le dynamisme pour soutenir et développer les relations CEI / SIV afin que le rapprochement dépasse toutes les limites linguistiques ou culturelles, à l’image de la SIA. C’est cette cohérence et cette solidarité que je souhaiterais voir en 2018.
Welche Potenziale sehen Sie in der nationalen Abdeckung? Die neu gewonnene Durchschlagskraft kann andere Synergien auslösen – wo sehen Sie persönlich die Chancen?
Le potentiel de notre présence nationale consiste d’abord en la défense de notre profession qui est devenue une spécialité. Il est urgent pour le public de comprendre la nécessité de s’adresser à des experts formés et expérimentés. Il y a encore beaucoup trop de personnes qui signent des évaluations sans savoir de quoi ils parlent dans le détail. Il est très pénible intellectuellement, et difficilement supportable du point de vue éthique, d’avoir à démontrer les erreurs d’une expertise signée par une personne incompétente. Pour l’expert qui a été contraint de passer par une telle expérience, c’est de la haute voltige diplomatique.
Le partenariat SIV / CEI aide les clients potentiels à nous trouver.
La présence nationale en lieu et place de petites organisations locales, ponctuelles ou bêtement concurrentes, sert d’abord d’uniformisation, ce qui permet à un mandant potentiel d’y voir beaucoup plus clair. Cela, non seulement pour les clients privés que nous ne voyons souvent qu’une fois dans leur vie, mais aussi pour les tribunaux, les avocats, les notaires, c’est-à-dire tous les agents économiques qui n’ont pas de relations directes avec le secteur de l’immobilier.
Warum ist Schätzen eine Kunst und keine Wissenschaft? Oder irre ich mich?
L'évaluation est une science et un art. Les connaissances administratives, juridiques, techniques, économiques, mathématiques et contextuelles relèvent de la science au sens large. Ces aspects, principalement objectifs, sont enseignés dans les écoles et les universités et relèvent des sciences humaines ou des sciences économiques par exemple.
Toutefois, les experts qui s’attellent à faire de véritables évaluations et qui s’abstiennent d’utiliser les benchmarks statistiques rigides des fondations de placement ou des banques, font un travail personnalisé, comparable à la haute couture.
Saisir les qualités d’un immeuble est déjà nettement plus subjectif. L’intuition quant à elle permet à l’expert de deviner ce qui n’est pas apparent mais qui est néanmoins essentiel pour l'évaluation.
Mais trouver des solutions ingénieuses pour traduire certaines situations en chiffres et en un discours analytique demande un sens créatif qui relève de l’art. Pensons par exemple à l’achat d’un droit de passage, ou à la valeur d’une piscine à rénover qu’une institution veut vendre à la commune qui en a besoin pour ses écoles… Il faut pouvoir traduire et communiquer clairement une situation réelle avec des techniques chiffrées. C’est le plaisir principal d’un expert qui a de la bouteille devant un objet particulièrement difficile à analyser.
Victorine van Zanten und Luzia Bänziger im digitalen Austausch